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Au XXIIe siècle, l'Humanité est divisée entre humains et métahumains. Serez-vous de la Terre ou de la Lune ?
 
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C'est pas une grosse Perth [PV Sheraa]

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Mar 6 Déc - 14:55

6 décembre 2129


La musique tonitruante résonnait dans les oreilles du casque, plongeant Jason, qui avait fermé les yeux, dans un état proche de l'extase. Il avait augmenté le volume presque au maximum, afin de laisser les doux sons de guitares, de basse et de batterie s'imprégner de tout son être. Il pensait avec la musique, récitant des paroles qu'il connaissait par cœur depuis très longtemps. Il s'isolait ainsi du bruit infernal que produisaient les réacteurs de la navette, assis sur son siège, les bras croisés. Il savait qu'il y avait d'autres personnes autour de lui ; mais il n'en avait pour le moment rien à faire.

Le voyage fut d'une heure, environ, ce qui fut un temps assez long pour qu'il se repose un peu, mais également assez court pour éviter de sombrer dans un sommeil profond. Car oui, aussi étonnant que ça paraissait, il aurait été capable de s'endormir avec  la musique. Mais une secousse de la navette, plus une petite sur l'épaule de son camarade à sa droite, le réveilla pleinement. Il enleva la musique, et s'étira sur son siège malgré le harnais de sécurité. Il détestait ces engins. C'était nécessaire, bien sur, pour arriver le plus rapidement possible à l'autre bout de l'Australie, mais il préférait conduire lui-même. Or, là, il en aurait été incapable avec un tel appareil.

Le site de Perth s'offrit à l'expédition lorsque la navette se posa et ouvrit sa rampe d'accès. Située à l'extrémité ouest de l'Australie, la ville avait subi un raz-de-marée de plein fouet l'année précédente, ravageant le reste des ruines. Le but, aujourd'hui, était d'aller examiner ce qui pouvait encore l'être, d'éventuellement récolter des échantillons etc... bref, rien qui ne consistait en le travail de Jason. Lui, avec ses trois collègues de la Milice, était là pour escorter et protéger les neufs scientifiques. Plus particulièrement leur patronne, Sheraa Hornwolf.

Il n'avait pas eu le temps de l'observer, jusque-là. Il savait juste, de réputation, qu'elle était très intelligente et possédait généralement un tempérament assez... particulier. Qu'elle travaillait plus souvent à l'intérieur qu'à l'extérieur. Typiquement le genre de personnes qui, selon Jason, avait bien besoin d'un bon coup de fais à l'extérieur. Ça tombait bien, ils y étaient.

 « Attention où vous mettez les pieds ! Le sol a l'air assez instable par endroits. »

Le milicien de tête, celui qui était sorti en premier de la navette. L'un après l'autre, les passagers descendirent, jusqu'à Jason qui fut le dernier. Sa combinaison Athéna lui allait comme un gant. Elle était légère, pratique, et le casque très ergonomique. Tout cela contrastait avec son fusil d'assaut, une arme standard, qui pesait limite plus lourd que l'armure de combat. Perturbant. Devant lui, un scientifique trébucha dans une flaque de boue : il le retint par le bras, fermement, et l'aida à se remettre d'aplomb.

Le milicien de tête fit signe à une femme scientifique de s'approcher. A travers la visière, Jason reconnut Hornwolf. Comme les autres, elle n'était vêtue que d'une simple combinaison scientifique, hermétique, mais qui ne protégeait de pas grand chose hormis des radiations et des températures extrêmes. Les quatre miliciens avaient des armures et des casques, aux visières réfléchissantes empêchant de voir leurs visages.

 « A vous de décider doc'. Par où on va ? »

Jason en profita pour regarder autour de lui. Dire qu'autrefois, là où ils étaient, s'étendait une grande ville. Un frisson le parcourut. C'était sinistre. Tout était dévasté, à l'abandon. Il se tenait sur une immense tombe. Là où des milliers de gens avaient péri sans savoir comment ni pourquoi.


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Sheraa Hornwolf
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Mer 7 Déc - 22:31

J’étais surexcitée. Enfin j’allais sortir du complexe ! Le Complexe Underworld me faisait l’effet d’une prison, avec tout ces miliciens qui allaient et venaient, armés jusqu’aux dents, ou parfois pas, ce qui était la plupart du temps beaucoup plus menaçant. Du coup, je restais la plupart du temps dans mon bureau, ou dans les laboratoires juste à côté, à analyser et disséquer les moindres spécimens que me ramenaient les Miliciens. D’ailleurs, la plupart des échantillons étaient soient réduits en bouillis, ou hachés menus, frits ou tout simplement réduits en cendres. Et chaque jour, je pestais contre les miliciens peu scrupuleux qui détruisaient des populations entières de magnifiques spécimens de plantes inconnues.

Mais aujourd’hui, je pourrais sauver nos échantillons, et peut-être sauver une nouvelle espèce de l’extinction totale et d’une bande de babouins braillards et empotés. Même si lesdits babouins nous accompagnaient aujourd’hui dans notre excursion. J’espérais que tout se passe pour le mieux. Même si évidemment, avec les miliciens, rien ne se passerait comme prévu. Prenant mon courage à deux mains pour affronter les miliciens, je sortis du bureau en arrangeant une énième fois mon chignon, et les mains dans les poches de ma blouse, je m’équipais pour ma première sortie.

Après un voyage plutôt énervant vers l’ouest de mon Australie natale, nous atterrîmes enfin à Perth. L’un des miliciens, que j’avais tenté d’identifier pendant tout le voyage sans succès à cause du casque de leur combinaison Athéna, n’avais pas arrêté de massacrer une de mes chansons préférées dans son micro, ce qui m’avais particulièrement énervée. Heureusement, ils étaient seulement quatre, et avaient pour principale mission de nous protéger, soit marcher devant en écrasant tout avec leurs énormes bottes. Remarquez, si c’est pour écraser des insectes, je ne suis pas contre. Je hais positivement les insectes.


- Attention où vous mettez les pieds ! Le sol a l'air assez instable par endroits.

Je scrutais le sol à travers mon masque à gaz, remarquant en effet la boue traîtresse qui maculait déjà le bas de mon pantalon de combinaison, et entrepris de regarder à la fois où je mettais les pieds et droit devant moi. Je tâchais de ne pas penser à ce que pouvaient être les craquements sous mes chaussures renforcées de milicienne, ni de songer à Akinli. Mon doux Akinli aurait-il été milicien s’il avait vécu aussi longtemps que moi ? Aucune idée, et je ne saurais jamais.

Secouant la tête pour chasser ces pensées négatives, je tentais de remettre une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de me rappeler que j’étais en mission, et donc en tenue intégrale anti-radiations.


- A vous de décider doc'. Par où on va ?

- On quadrille la ville jusqu’à ne plus rien pouvoir porter.

Nous avançâmes donc vers l’inconnu, projetant de quadriller le périmètre de la ville par quartiers jusqu’à remplir les sacs et les cages d’échantillons et d’animaux rencontrés en chemin. Nous nous étions posés à la limite des habitations, et progressions dans les rues dévastées par la guerre et le raz-de-marée qui avait fait tomber les rares immeubles encore debout après la catastrophe de 2076.

Mais alors que je levais les yeux vers le reste miraculeux d’une maison en ruines, quelque chose de petit et léger se jeta sur moi depuis le haut du mur. Par réflexe, je me protégeais avec mon bras métallique, et la chose sembla se planter dedans comme un harpon. Remise de ma surprise, j’examinais la vipère, intriguée par son action kamikaze et par sa couleur peu commune.


- Eh bien, je crois que nous tenons notre premier spécimen ! Par contre, messieurs les scientifiques, je vous prierais de ne pas approcher, je crois bien que la bête essaye de m’injecter son venin, ce qui veut dire qu’elle doit être particulièrement virulente, et nos tenues de scientifiques ne sont manifestement pas adaptées pour arrêter ces crocs…

Je souris au milicien le plus proche, et observais la bête se tortiller pour échapper à mon bras, comme si elle savait que nous la capturerions, mais apparemment ses crocs s’étaient coincés dans mes câblages...

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Jeu 8 Déc - 11:36

Le premier réflexe de Jason fut de pointer son arme en direction du mouvement ; il doutait que quiconque l'ait vu avant lui. Malheureusement, la « cible » bougea bien plus vite qu'il ne s'y était attendu, et s'accrocha au bras d'une scientifique : Hornwolf. Il ne fit donc aucun mouvement avec son fusil, par peur de créer un mouvement de panique. Malheureusement pour le groupe, ce premier incident dura un bon petit moment. Au bas mot, une heure. Jason passa donc une heure à regarder autour de lui, à attendre, tandis que tout le monde ou presque dans l'expédition examinait la bestiole qui tentait de mordre la scientifique.

Tout fut tenté, également, ou presque, pour la déloger : lui faire peur, l'attraper, lui tirer dessus – ce qui déclencha des cris de fureur de la blonde – et même user de capacités sur elle. N'y fit, et l'énervement de la scientifique et du lieutenant de la Milice n'arrangèrent pas la situation. Jason se retrouva à jouer à un jeu de devinettes avec un scientifique, sur la fin. En arrivant en Australie, il s'était dit qu'il aurait sûrement le temps de bien s'amuser à découvrir de nouveaux horizons. Qu'il y aurait des trucs chouettes et uniques à voir, même si le pays était dévasté. Bref, qu'il ne s'ennuierait pas. Malheureusement, ça semblait bien parti pour...

Finalement, on l'appela. D'un air las, il se présenta devant la scientifique en chef et le lieutenant. Ce dernier, tout aussi énervé qu'il était, n'avait heureusement pas retiré son casque. La minuscule bestiole, qui ressemblait à une vipère, se tortillait doucement sur le bras de la scientifique. Elle avait réussi à s'asseoir sur un morceau en pierre ayant appartenu à la maisonnée.

 « Grace ? Vous voulez bien essayer quelque chose ? C'te saleté... on dirait qu'elle lit dans les pensées. Elle prévoit tout ce qu'on fait et se montre menaçante à chaque fois qu'on essaye un truc. Heureusement, elle n'a pas l'air capable de faire grand mal, car elle est juste enroulée sur le bras du doc'. »

Impossible de voir son expression faciale à cause de la visière, mais Jason, par réflexe, évita de montrer son exaspération. Il s'approcha de la scientifique, le serpent coloré dardant sur lui des yeux... stupéfiants. Bon, si tu lis vraiment dans les pensées, essayons ceci : salope ! » Le résultat fut décevant. La vipère avait bien compris qu'on s'adressait à elle, visiblement, mais elle était incapable de comprendre de quoi il s'agissait. Cela dit... il venait d'avoir une idée.

Il tira le lieutenant à l'écart pour lui expliquer. L'idée était risquée, mais si ça permettait de prendre le serpent vivant, c'était ça de gagner. Il aurait été facilement tenté de vouloir le tuer simplement, mais il était persuadé que Hornwolf ne le verrait pas de cet œil là. Or, sa crise de colère était sûrement loin d'être totalement passée.

 « Doc' ? Ne bougez pas, s'il vous plaît. Gardez confiance, il ne va rien se passer de mal pour vous. »

Le regard de la scientifique lui répondit clairement qu'elle n'avait aucune confiance, mais par chance elle ne dit rien. Il leva donc sa main gauche, laissant la droite tenir son arme. Une flammèche apparut alors dans celle libre, ce qui provoqua instantanément une réaction de la part de la bestiole. Elle tenta de mordre le gant renforcé de Jason, sans y parvenir. Réagissant aussitôt, le lieutenant tenta de l'attraper, mais la vipère se détourna aussitôt pour tenter de mordre également ce gars-là. Bon sang, elle pouvait se concentrer sur plusieurs personnes à la fois !

Par chance, ou par accident, au choix, la scientifique eut un mouvement de recul lorsque la vipère desserra son étreinte. Prise au dépourvue, la créature tenta de bondir vers son visage, mais Jason parvint à l'attraper de justesse. Pour éviter qu'elle ne s'enroule sournoisement sur son bras, il la tint à deux mains.

 « Enfin je te tiens ! Vous voilà tirée d'affaire, doc'. »
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Jeu 15 Déc - 12:17

Eh bien, si je m’attendais à ça ! Durant une bonne heure, les crocs coincés dans mes câbles, la magnifique vipère se tortilla sur mon bras, l’enserrant parfois, tentant de déloger ses crocs, et surtout, échappant à la moindre tentative, de ma part ou de celle des miliciens. Au bout de quelques minutes, nous comprîmes qu’elle lisait probablement dans les pensées, et que toute tentative de notre part pour la déloger était vaine. Aussitôt, nous fîmes en sorte qu’elle ne morde que mon bras, et mes scientifiques prirent de nombreuses notes. Après tout, nous étions là pour ça non ?

Mais au bout d’une heure de notes effrénées et de tortillages de la bête sur mon bras, qui commençait à peser lourd pour mon épaule, le lieutenant des babouins finit par en avoir assez et voulu se débarrasser de la bête. Je fusillais le lieutenant du regard, puis son sous-fifre qui apparemment s’appelait Grace, et comme je ne pus pas voir l’expression de leurs visage, je ne pût savoir si la mienne avait eu de l’effet. La pauvre bête avait du comprendre qu’on voulait soit la déloger, soit la tuer, et comme elle n’avais pas du tout l’intention de partir, et encore moins de mourir, elle émit des tas de sifflements indignés, que je comprenais parfaitement.

Malheureusement, je sentit à mes câblages que le croc qui empêchais la bête de partir s’était décoincé, à force que la vipère se tortille. C’était mauvais pour moi ça. Mais apparemment, j’étais la seule à ne pas savoir quel était le plan, parce que soudain, Jason brandit une flamme devant le nez de la vipère, qui sauta sur lui pour essayer de le mordre. Je sursautais en arrière en voyant la flamme et la vipère sauter, et Jason finit par immobiliser la vipère, qui fut rapidement enfermée dans une boite prévue à cet effet.


- Enfin je te tiens ! Vous voilà tirée d'affaire, doc'.

Je grognais quelque chose dans le style « mouais », un peu contrariée qu’on ne m’ait pas mise au courant avant de faire des tentatives désespérées, et entrepris d’examiner ma « blessure ». Apparemment, l’un de mes câblages avait été endommagé, mais rien de vital ni handicapant, et ma greffe de peau avait pris un sacré coup, entre la morsure et les gigotements. Quelle poisse, ça coûtais si cher une peau de remplacement ! Quelqu’un me mis un gros scotch sur les trous de ma combinaison, et bientôt nous dûmes repartir.

Juste avant le départ, je m’emparais d’un gros stylo indélébile, et m’approchais du lieutenant et de Grace. Sans leur demander leur avis, je dessinais au lieutenant un triangle dans le coin inférieur droit de leur visière, et ce qui ressemblait à une flamme selon moi sur celle de Grace.


- Voilà, comme ça au moins je saurais à qui je m’adresse ! Et au passage, j’ai beau avoir au moins un grade de lieutenant, vous m’appellerez Sheraa. Pas de « Doc » ou de « Hornwolf ». Le prochain que j’entends m’appeler comme ça, je le rétrograde au rang de nettoyeur de chiottes, c’est compris ? Et ça vaut pour tout le monde...

Sans attendre de réponse, je rangeais le stylo, dont je m’était servie pour pointer leur tête, dans ma poche, et pris la tête de l’expédition. Nous venions à peine de dépasser les premières maisons quand la vipère m’avais attaquée, et nous nous enfonçâmes encore un peu dans la ville détruite. Il n’y avait pas un chat, littéralement, et je sentais poindre ma déception, même si le seul fait d’arpenter la ville restait fascinant. Il me tardait de voir ce que cette ville en ruine pouvais nous montrer !

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Jeu 15 Déc - 18:10
Le lieutenant et Jason restèrent interdits l'espace d'un instant, déclenchant quelques rires parmi les personnes autour d'eux. Hornwolf s'éloigna à pas furieux, reprenant la tête de l'expédition. Finalement, les deux miliciens se regardèrent, Jason haussa les épaules et se mit à avancer aussi, pour suivre le rythme rapide de la blonde. Quel tempérament ! Totalement à l'opposé que ce que laissait supposer son joli visage. Il baissa les yeux sur le symbole dessiné sur le bas de sa visière, et grimaça. Pas très gros, mais ça risquait d'être gênant en cas de situation critique. Il était placé pile là où s'affichait l'état général du porteur de la combinaison. Résultat : le bonhomme dessiné avait une grosse flamme qui l'entourait. C'en était presque drôle.

Jusque-là, cela dit, pas de telle situation. La vipère était en pleine captivité, donc aucun risque qu'elle ne tente quoi que ce soit à nouveau. L'expédition marcha encore quelques minutes sans qu'ils ne trouvent rien, s'enfonçant dans les ruines de la ville de Perth. Pas un seul immeuble n'avait survécu ; le point culminant des ruines était situé vers la côté, là où plusieurs bâtiments effondrés formaient un tas difforme. Marchant presque juste derrière la doc', Jason essayait de garder un œil sur son radar et en même temps que les environs. La double convergence n'était pas chose évidente, et il dut à plusieurs reprises abandonner l'idée d'en faire, sous peine de rendre son repas dans son casque.

Il se mit à la hauteur de la jeune femme, au bout d'un moment.

 « Doc'... euh, Sheraa. Désolé. Vous avez une idée particulière d'où on va ? »

Il aimait bien savoir où il devait mettre les pieds. C'était bien plus facile pour se préparer à la suite. Mais dans l'éventualité où elle laisserait son animosité garder le dessus, il faudrait qu'il propose quelque chose. Il tourna le regard vers le monticule qu'il avait repéré plus tôt. Il le désigna d'ailleurs d'un geste du bras.

 « Au pire, si on sait pas trop où aller... il y a cet endroit. Des immeubles et d'autres bâtiments ont l'air de former une butte, maintenant qu'ils sont effondrés. On aura sans doute un meilleur point de vue par là-bas. »

Il patienta quelques instants, puis, finalement, elle se décida à suivre son idée. Ils partirent donc dans cette direction, s'efforçant de faire attention où ils mettaient les pieds. Plusieurs fois, des miliciens ou des scientifiques faillirent se fouler une cheville ou se casser un membre, mais la prudence et l'entre-aide permirent d'éviter ces problèmes. Pour le pyromane, il y avait encore un autre problème : il sentait une sorte de picotement sur sa peau. Au fur et à mesure qu'ils approchaient du monticule, il avait cette sensation bizarre.

Il continua d'avancer, mais parla à voix plus basse pour que seule la femme l'entende.

 « Vous sentez ça ? Un picotement sur la peau. »
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Dim 18 Déc - 15:15

Comme je m’y attendais, personne ne fit de commentaires, et l’expédition se mit en branle derrière moi pour repartir. Nous progressions rapidement maintenant, et les miliciens tapaient encore plus fort du pied pour faire fuir les prochaines vipères. Cette technique était sans le moindre doute efficace, mais risquait aussi de faire fuir les autres bestioles que je voudrais étudier. Résultat, je tirais la tronche, et les miliciens continuaient d’avancer sans rien voir. Parfois, nous nous arrêtions pour que mon expert en particules prenne des échantillons de terre, et parfois même de béton. Il pourrait nous dire quand les radiations cesseront d’être aussi fortes, et donc quand nous pourrions enfin nous débarrasser de nos satanées combinaisons.

Malgré mes instructions au début de l’expédition, nous errions un peu sans but, et comme rien ne semblait assez vivant pour susciter mon intérêt dans ces ruines, j’acceptais bientôt la proposition du pyromancien, d’aller voir tout ça de plus haut. Même si il avait commencé par m’appeler « Doc ». Dieux que c’était énervant de ne pas voir leurs yeux ou leurs expressions ! Peu importe. Nous montâmes non sans difficultés sur la bute que l’homme m’avais désignée, et une fois en haut, nous observâmes le paysage désolé. Mais rapidement, une sensation désagréable sur ma peau me fit me crisper. Elle était si forte que même avec sa combinaison, le milicien l’avait senti aussi.


- Vous sentez ça ? Un picotement sur la peau.

- Oui j’ai senti, et c’est très mauvais pour moi ça. Venez, il faut que je me dépêche. Et soyez prêt à me rattraper du côté gauche.

Sur ce, je m’élançais dans la pente, sautant dans les gravats le plus rapidement possible sans me casser la figure. Heureusement, le milicien avait fait preuve de présence d’esprit, et me collait du côté gauche. Un bon soldat ça, qui obéissait bien aux ordres les plus bizarres de ses supérieurs. Malheureusement, je ne m’étais pas assez éloignée quand ce que je redoutais arriva. Mes membres de cyborg me lâchèrent soudain, désactivés par le puissant électroaimant, et je m’effondrais du côté gauche comme une poupée de chiffons de 80 kilos. Le milicien me rattrapa presque aussitôt, et me récupéra avec un « ouf ». Il ne devait pas s’attendre à mon poids, j’aurais du en faire au moins 15 de moins au vu de ma taille et ma corpulence. Je m’accrochais à son cou avec mon bras droit, et il m’aida doucement à m’asseoir.

- Un électroaimant. Il a désactivé mon bras et ma jambe, malheureusement. Il faudrait que vous m’aidiez à sortir de la zone, sinon j’aurais beau redémarrer mes membres ils resteront aussi inutiles qu’à présent. Désolée, je ne vous ai pas prévenu dans les formes…

Difficilement, le milicien m’aida à me traîner en dehors de la zone de l’aimant, et je soupirais d’aise en ne sentant plus le picotement sur ma peau. Habituée à manipuler mon tableau de contrôle, je tâtonnais à travers ma combinaison et finis par redémarrer ma jambe d’abord, puis mon bras. Je remuais les doigts, une sensation désagréable de fourmis aux extrémités.

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Dim 18 Déc - 17:28
Le poids de la jeune femme lui parut excessivement lourd, lorsqu'il la porta, pour l'aider à atteindre le bas de la pente. Son ATH buguait, lui aussi, à cause de l'électro-aimant. Les affichages sautaient, dysfonctionnaient, et c'était très perturbant. Ajoutez à cela le fait qu'il sentait toujours ce picotement sur sa peau et qu'il sentait une drôle de tension à la jointure entre son casque et sa combinaison... brrr, qu'est-ce qu'il se passait bordel ? Il y avait le mot aimant, ça ne devait pas être pour rien. Arrivé en bas – tant bien que mal – Jason leva la tête vers le sommet de la pente, et fit signe aux autres membres de l'expédition de venir au plus vite.

Il resserra son arme contre lui, prêt à s'en servir. Il n'avait pas confiance. A côté de lui, la scientifique jouait avec ses câbles et autres trucs de cyborgs qui faisaient un effet bizarre sur le jeune homme. Il n'avait pas l'habitude de voir des cyborgs, et quelque chose le dérangeait avec Sheraa. Il garda cette pensée pour plus tard, surveillant les alentours et... se résigna à patienter.

Il fallut une bonne demi-heure pour que toute l'expédition ne soit réunie, et pas sans dommage. Deux fractures du bras, une combinaison fortement endommagée, et un milicien en état de choc après avoir frôlé la mort. Jason compatissait : il allait falloir redoubler de prudence par ici. Il vit bien que le lieutenant de la Milice, avec sa fracture au bras, ne risquait pas de trop prendre les choses en main. Il se dévoua donc, et alla voir Sheraa. Cette dernière semblait, bizarrement, se désintéresser un peu des problèmes des autres.

 « Ça va ? Vous vous en remettez ? »

Il attendit sa réponse avant de poursuivre.

 « Dîtes... l'expédition a l'air au point mort. Que diriez-vous qu'on prenne un peu les choses en main et qu'on aille régler la source du problème, vous et moi ? Si on peut y arriver, bien sur. »

Ils partirent tous les deux, laissant l'expédition se charger de fouiller un peu le coin. Il n'y avait pas grand chose à fouiller, mais au moins, ça éviterait d'avoir une foule de curieux autour d'eux pendant qu'ils tentaient de trouver la source du problème : l'électro-aimant. Ce qui, comme le prévoyait le milicien, allait leur prendre beaucoup de temps. Principalement parce qu'il y avait un tas de gravats exceptionnellement important, et qu'il fallait s'y frayer un chemin. Passant devant, il ouvrit la voie, parfois à grands renforts de coup d'épaules. Grognant et ayant chaud sous sa combinaison, le milicien se mit soudainement à ressentir de nouveau le fameux picotement. Ce n'était pas aussi fort que lorsqu'ils avaient dévalé la pente ; mais plutôt comme lorsqu'ils s'en étaient approchés.

Ils errèrent un moment sous terre avant de comprendre qu'ils cherchaient dans la mauvaise direction. Sheraa prit la tête, les emmena plus vers la direction où ils avaient dévalé la pente. Au bout d'un moment, ils s'arrêtèrent d'eux-mêmes : un bourdonnement, léger, accompagnait les picotements qui commençaient à s'accentuer. Poussant un soupir, Jason fut tenté de retirer son casque, pour respirer un peu. Mais ça aurait été une bien mauvaise idée. Les radiations, tout ça.

Néanmoins quelque chose au fond, dans l'espèce d'ouverture où ils étaient, luisaient fortement. D'une intense lueur bleutée.

 « Ce doit être là. Vous voulez que j'y aille ? J'ai bien peur qu'on soit obligé de le neutraliser... un peu brutalement. C'est un aimant, donc c'est même pas la peine que vous essayiez. Moi... techniquement je n'ai pas de métal dans ma combinaison, c'est un alliage. Je vais vous laisser mon arme, et ma ceinture. Et... allez. »

Il lui fallut de longues minutes avant d'atteindre l'appareil. Comme il ne tarda pas à la comprendre, il devait se trouver dans un ancien laboratoire, enfoui sur les gravats. La lampe frontale fut la dernière chose qui se mit à griller, de tout son système. Heureusement, il avait presque atteint les espèces de bobines qui constituaient probablement l'électro-aimant. A un mètre de l'objet, il sentait presque le sol trembler, et son gorgerin tirait sévèrement. Heureusement pour lui, les morceaux en métal de sa combinaison, s'il y en avait quand même, étaient trop petits pour être un danger.

Serrant les dents, il chercha un interrupteur, une poignée, quoique ce soit qui pourrait l'aider à désactiver ce truc. Il lui sembla entendre vaguement une voix qui criait dans son dos, mais impossible de comprendre avec le bourdonnement. Bon, quoi faire ? Réfléchir, réfléchir. Sa peau le démangeait, tandis que son gorgerin menaçait de se détacher avec force. Il avait de plus en plus chaud.

 « Bon... sur un malentendu, ça peut passer. »

Il serra la main droite, et envoya un puissant coup dans l'appareil. Il sentit une vive douleur dans sa main gantelée, mais l'appareil cessa aussitôt de luire et il tomba au sol avec fracas. Des morceaux de pierre s'effondrèrent par-ci par-là, et avant qu'il ne puisse réagir, l'un d'eux tomba sur son épaule gauche, le faisant s'écrouler au sol dans un grognement.

Son ATH réapparut brusquement, signe que ça devait avoir fonctionné.
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Mer 21 Déc - 12:33

Tout en redémarrant mon système, je grommelais tout bas.

- Cet électromaimant doit avoir une énergie alternative, puisque nous avons eu le temps de monter avant qu’il ne se démarre...A moins que notre passage n’ait activé quelque chose, et dans ce cas-là il nous sera impossible de le désactiver sans dommages sérieux...Le moindre petit objet va être attiré vers le centre du truc avec une telle force...ça pourrait couper en deux un milicien si il garde sa ceinture...

Je n’eus pas le temps de réfléchir plus longtemps, car celui qui s’appelait Grace revint vers moi, me demandant comme j’allais. Je secouais les doigts devant son nez pour lui montrer - avec un sourire qu’il ne devait sûrement pas voir à cause du masque - que tout allait bien, et il embraya sur une histoire de « Régler la source du problème ». J’allais lui rire au nez et rétorquer que je lui serais inutile et qu’il allait mourir s’il approchait de l’aimant, mais il ne m’aurais pas écoutée, alors je le suivit. Il déblaya les gravats avec une force qui me surprit, et je dus puiser dans ma force cybernétique pour en déplacer certains moi aussi.

Lorsque nous eûmes creusé un peu plus, nous nous aperçûmes que nous avion dévié, et je pris la tête de l’expédition, jusqu’à ce que nous entendîmes un bourdonnement caractéristique. Nous étions arrivés dans une espèce de salle qui avait étonnamment bien résisté à la pression des gravats, et dont les pièces métalliques n’avaient étrangement pas été attirées par la lumière bleutée que nous voyions tout au fond. J’étais stupéfaite. Ce dispositif avait tout l’air de ne pas être véritablement un électroaimant. Enfin, il en avait la propriété, bien sûr, mais au moment où Grace était entré dans la pièce, il aurait du être traîné au sol par la semelle renforcée de métal de ses chaussures, et le moindre élément métallique, alliage ou pas, de sa combinaison aurait du lui transpercer la chair et la combinaison jusqu’à arriver au contact de l’objet. De même que la quantité de métal des gravats autour de nous d’ailleurs.

Je n’avais cependant aucune envie de tester ma théorie en m’aventurant dans la salle, déjà que j’avais du m’asseoir de peur que ma jambe refuse à nouveau de coopérer. Je criais à Grace d’essayer de ne pas le détruire, mais fidèle au caractère des miliciens, il préféra taper dedans à grand coup de poing avant de trouver l’interrupteur ou la commande qui permettait de l’éteindre. Seulement, ce qui n’était pas prévu, c’est qu’une partie du plafond serait maintenue en suspension dans l’air grâce à la chose, et s’effondrerait aussitôt. Je posais les affaire de Grace, son arme et sa ceinture notamment, et me précipitais dans la pièce.

J’inspectais rapidement la voûte de cette grotte improvisée, et considérant rapidement qu’elle tiendrait le coup, j’entrepris de sortir Grace de sous l’énorme bloc qui écrasait son épaule. Je le fis asseoir, et mon instinct de médecin reprenant le dessus, j’inspectais son épaule démise. Après une inspection globale, je déterminais qu’il avait la main droite cassée, ce qui n’était pas très intelligent pour un milicien droitier, et l’épaule gauche simplement démise, ce qui serait simplement douloureux et handicapant quelques jours, mais il pourrait porter une arme à gauche dans une semaine.


- Bon alors d’un, vous êtes un imbécile. De deux, j’aurais préféré que vous désactiviez la machine, mais bon vous avez de la chance, vous êtes suffisamment blessé pour que je vous en veuille moins. De trois, vous avez la main cassée, ce qui prouve encore une fois que vous autres miliciens préférez taper d’abord et réfléchir ensuite. Et enfin, je vais vous remettre l’épaule. Ça va vous faire un mal de chien d’abord, mais après promis vous ne sentirez plus rien. J’y vais à trois d’accord ? Un !

Je lui remis l’épaule en place brutalement, mais efficacement, et tâchais d’accompagner son mouvement de douleur lorsqu’il essaya de m’échapper. Ensuite, j’entrepris de me servir de son arme comme soutient à son bras gauche en écharpe.

- Bon, pour le reste, va falloir être courageux et attendre qu’on soit rentrés. Nos trousses de secours sur place sont beaucoup trop insuffisantes...En attendant, je crois que cette expédition s’arrête là, et nous allons devoir rentrer à la base plus tôt que prévu, vu la quantité de membres cassés dans l’équipe !

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Mer 21 Déc - 14:02
Jason poussa un grognement lorsque son épaule fut brutalement remise en place, grognement qui se transforma en sifflement de douleur lorsqu'il réalisa que sa main et son épaule rivalisaient pour lui causer le plus de souffrance possible. Il marmonna un merci à l'intention de la scientifique, puis se força à se relever. Il attacha tant bien que mal son arme à sa combinaison, serrant sa main droite contre son estomac. Ah bon sang, il y avait longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle douleur ! Il ne se plaignit pas, en revanche, se contentant de serrer les dents sous son casque. Il activa les diagnostics santé de son ATH, et fronça les sourcils.

Il y avait l'affichage de sa main cassée, même si ça semblait relativement « soft ». Néanmoins, soit le système était dysfonctionnel, soit il y avait un truc qu'il ne sentait pas. Toute la partie gauche de son torse, ainsi que le bras et l'épaule, étaient en rouge. Il grimaça en essayant de bouger un peu le bras en question. Mais globalement, il n'avait pas l'impression d'avoir mal partout. Il resta planté là un petit moment, tandis que plusieurs membres de l'expédition venaient récupérer la source de leurs ennuis. Il chercha d'autres problèmes pour lui-même, mais n'en vit aucun. De surcroît, les systèmes vitaux finirent par revenir à la normale, exceptée pour sa main droite et un peu pour l'épaule gauche. Il passa alors à un diagnostic d'intégrité.

Parfait, l'armure n'avait aucun problème. Même là à sa main cassée, la tenue avait résisté au choc sans encombre. C'était bon à savoir, même si cela signifiait qu'il n'était pas à l'abri des blessures internes. Il faudrait qu'il le signale, en revenant au complexe. Il vit un mouvement du coin de l’œil : Sheraa et les autres scientifiques repartaient, leur tâche accomplie. Il se mit alors en mouvement, lui aussi, suivant le groupe.

Le lieutenant de la Milice le rejoignit rapidement. Il semblait allait bien, malgré sa fracture au bras.

 « Grace ? Ça va votre main ? »

 « Oui, chef. Et votre bras ? »

 « Je survivrais. Retournez en tête de file. Menez l'expédition avec la doc'. Oh, et injectez-vous ça. Ça calmera votre douleur un moment. »

Il lui donna un injecteur avant de le laisser là. Jason s'en servit, sentant le liquide se répandre rapidement à travers son sang, calmant la douleur de son épaule et de sa main. Il secoua la tête pour se débarrasser de la nausée qui lui monta, puis il reprit sa marche d'un pas un peu plus vif, afin de rejoindre Sheraa. Avant d'arriver à sa hauteur, il admira un court instant le jeu de balancier de son bassin, avant de rougir et de se porter à sa hauteur. Imbécile. Pense à autre chose. Il entreprit d'engager un peu la conversation.

 « Encore merci pour tout à l'heure, Sheraa. » dit-il simplement.

Et c'est tout. Voilà, je sais pas quoi dire de plus. Elle l'intimidait un peu. Elle avait beaucoup plus de caractère qu'on ne pouvait s'y attendre, et l'autorité due à son poste. Sympathiser avec elle lui paraissait hautement improbable, même s'il n'y était pas foncièrement opposé. Il chercha autre chose à dire, voyant qu'elle restait silencieuse, mais ne trouvant rien, il se contenta de marcher à sa hauteur.

Jusqu'à ce qu'un bruit absolument inhumain ne résonne. Tout le monde s'arrêta net. Activant son détecteur de mouvement, Jason essaya d'évaluer d'où ça pouvait venir. Hélas, ce qui avait produit ce bruit ne paraissait pas vouloir apparaître...

 « Une idée ? »
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Mar 10 Jan - 22:25

Je n’était pas ravie. Je me sentais idiote de ne pas avoir compris ce qu’était l’électroaimant plus tôt, et d’avoir mis en danger la vie de tant de personnes. Je n’avais aucune responsabilité concernant les miliciens, mais je me sentais quand même responsable de leur intégrité physique. Je fulminais en attendant que les éclopés soient soignés et les autre récupèrent l’aimant. Au moins, peut-être trouverions-nous quelque chose sur le chemin du retours qui soit digne d’intérêt ? Rapidement, je rassemblais les effectifs, répartis les charges pour que les blessés en portent un minimum, et la petite troupe repartit bientôt, le lieutenant fermant la marche et moi l’ouvrant.

Je shootais dans le moindre caillou, énervée de mon attitude désastreuse consistant à sauver ma mécanique avant mes hommes, lorsque Grace me rejoignit. Modérant mon humeur belliqueuse, je me contentais de marche la tête haute, d’un pas vif et assuré.


- Encore merci pour tout à l'heure, Sheraa.

- Pas de soucis. Vous êtes plus utile vivant et grossièrement réparé que mort sous un rocher dans l’Australie Sauvage.

Le silence s’étira longuement autour de nous, gênant. Très gênant. Plusieurs fois, j’ouvris la bouche, tentant de briser le silence, mais rien ne me vint à l’esprit. Jusqu’à ce qu’un bruit parvienne à nos oreilles. Nous étions à mi-chemin de la navette, et notre troupe était tout de même assez mal en point, mais je ne pus retenir ma curiosité. Adressant un geste au lieutenant, je laissais le groupe derrière moi et m’aventurais seule vers la source du bruit. J’avais appris à connaître par cœur ce bruit si particulier. Akinli faisait ce genre de bruits quand il voulait que je sois la seule à venir vers lui. Le bruit se fit entendre à nouveau, et je bifurquais dans sa direction, derrière une ruine encore à moitié debout.

Serrant les poings dans une posture de défense, je progressais lentement vers le mur, pour voir derrière. Enfin, j’atteignis le mur, et me penchais tout doucement pour voir derrière. Quelle ne fut pas ma surprise de voir derrière ce mur un tout petit félin. La petite bête était noire, et des rayures dorées parsemaient son pelage magnifique. Elle ressemblait fortement à un tigre de Sibérie habituel, sauf que ses rayures semblaient d’or liquide et que le reste de son pelage était noir. Le spécimen était plutôt petit, et semblait perdu, comme si ses parents l’avaient abandonnés. C’est alors que j’aperçus ce qui devait être ses parents. Une masse informe de fourrure, dont tout l’avant était coincé sous un amas de pierres du mur effondré. Leur magnifique fourrure était maculée de boue, et la pauvre petite bête gémissait devant eux. Je sortis doucement de ma cachette, et m’approchais de quelques pas, tout en restant à distance respectueuse. Quelle tristesse...

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Mer 11 Jan - 15:16
Au bout de quelques instants, il se décida à la suivre. A distance, au cas où, mais tout de même assez près pour pouvoir intervenir si jamais le besoin s'en faisait ressentir. Il pouvait être sur elle en une seconde, peut-être deux. Il était réactif, comme gars, donc normalement, il saurait faire ce qu'il fallait pour venir en aide à la doc'. A Sheraa, se corrigea-t-il mentalement. Il allait falloir qu'il s'y habitue, s'il voulait éviter qu'elle ne l'engueule à chaque fois qu'il parlerait. Quelque part, il trouvait ça pas assez professionnel, mais bon. C'était la patronne, on lui avait dit. On obéit à la patronne.

Il se demandait ce qui avait pu produire ce son, n'empêche. Ça n'avait rien d'humain, et en plus... ouais nan, il ne savait rien. Impossible d'émettre une hypothèse, de toute façon il se tromperait. Aussi, alors qu'il s'approchait de là où Sheraa venait de disparaître, il fut tenté de garder son arme levée. S'il y avait un danger, il serait ainsi prêt à riposter. Un coup d’œil sur son détecteur de mouvement le défendit de maintenir une garde aussi menaçante. La jeune femme était seule à bouger, et doucement. Rien d'autre n'était là. Il regarda autour de lui, essayant d'inspecter un peu les alentours pour déterminer ce qui avait pu produire ce son. Mais rien ne lui permettait d'obtenir le moindre indice. Alors il s'avança à la suite de Sheraa, l'arme baissée.

Il la trouva en train d'essayer de calme un animal. Ce dernier, tout petit, ressemblait à un tigre, mais avec un pelage beaucoup plus sombre. La petite bête essayait d'échapper à l'étreinte de la scientifique, laquelle s'efforçait tant bien que mal de la retenir. Il ne fallait pas chercher bien longtemps pour comprendre d'où venait le problème : sous des décombres, on distinguait les restes de d'autres animaux, au pelage de la même couleur. Sûrement les parents du plus jeune. La tristesse du tigre serra doucement et fermement le cœur de Jason, qui empêcha aussitôt son esprit de retourner vers des années lointaines, où lui-même connaissait ce genre de cas.

Certain de rester calme, il s'avança doucement, en direction d'une espèce de... drap ? Housse ? Un large pan de tissu, en tout cas, qui prenait la poussière et qui avait depuis longtemps perdu sa teinte d'origine. Il l'arracha sans effort, s'assurant que c'était assez grand, puis alla le placer sur les restes des parents. Ce n'était pas une sépulture, bien sur, mais il avait appris, durement, dans sa jeunesse, que cacher les corps permettait de provoquer un déclic dans l'esprit de l'enfant. Qui permettait de progresser vers le deuil, au lieu de rester dans l'abattement.

Il se tourna vers Sheraa.

 « Je retourne vers le groupe. On vous attends. »

Ils n'eurent pas à attendre longtemps. Jason avait à peine décidé de s'asseoir en attendant la scientifique que cette dernière arriva, tenant le petit tigre dans ses bras. Bien sur, tout le monde se mit à échanger diverses paroles sur ce qu'il se passait etc, mais il les fit taire rapidement. Il crut discerner un mouvement de soulagement dans l'attitude de la jeune femme, lorsqu'il parla d'une voix forte :

 « Allez, on se remet en marche ! Il nous reste du chemin à faire jusqu'à la navette. Rodriguez, si vous traînez encore derrière, on vous colle à la cuisine ! »

Une petite dose d'humour qui sembla faire du bien aux membres de l'expédition. Ils reprirent leur marche, même si en réalité, ils n'étaient plus très loin de la navette, et donc du retour à la maison. Laissant le groupe prendre un peu d'avance, il se porta à la hauteur de Sheraa.

 « vous avez eu envie d'adopter ? »

Bien qu'elle ne puisse le voir, il eut un léger sourire sous son casque.
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Lun 13 Fév - 19:13

Je m’étais rapprochée tout doucement, et sans un bruit, je tendis ma main humaine vers la tigresse. Je supposais que ma main métallique ne serait pas idéale pour une approche en douceur, d’autant que la tigresse pourrait la prendre comme une arme, était donné qu’elle semblait être en état de choc. Le jeune félin approcha imperceptiblement son museau mais ne semblait pas vouloir approcher. Elle repris bientôt ses appels et je me contentais de m’asseoir en tailleur, et attendis que la bête s’habitue à moi et m’approche plus près. Mais je n’eus pas le temps d’apprivoiser le félin, car j’entendis les pas lourds d’un milicien, et ne voulant pas que la jeune bête ne s’enfuie, je la pris simplement dans mes bras, espérant qu’elle ne griffe pas trop.

L’arme baissée, le milicien, que je reconnus comme étant Grace, s’approcha de nous, faisant paniquer encore plus la tigresse. Je grimaçais en sentant les puissantes griffes me traverser le bras, mais restais immobile, émettant un son proche du son mi-ronronnement mi-feulement caractéristique des tigres, pour rassurer le félin. Ma méthode eut l’air de fonctionner, car pendant que Grace faisait je-ne-sait-quoi avec un tissus, la féline qui n’était pas plus grande qu’un petit chat se lova dans mes bras en camouflant ses yeux dans mon bras. Elle n’allait pas jusqu’à ronronner, mais au moins elle n’enfonçait plus ses griffes dans mon bras. Enfin plus trop.

Je me levais, et entrepris de regagner le groupe après que Grace soit parti, regrettant qu’il ait couvert le corps des parents, même si avec la jeune dans les bras, je n’aurais probablement pas pu les examiner. J’espérais qu’elle n’était pas la dernière de son espèce, ces tigres étaient si beaux...Je finis par rejoindre le groupe, qui accueillit mon arrivée avec des murmures. Le genre de murmures dont je me serais passée...le genre sceptique, qui doute.


- Allez, on se remet en marche ! Il nous reste du chemin à faire jusqu'à la navette. Rodriguez, si vous traînez encore derrière, on vous colle à la cuisine !

J’appréciais le secours maladroit de Grace, qui pris la tête de l’expédition lorsque nous nous remîmes en marche. Je suivis plus lentement, plongée dans des pensées noires, revivant encore et encore l’annonce terrible de la mort d’Akinli. J’avais été dévastée lorsque j’avais appris que jamais plus je ne reverrais mon aimé. Je ne pouvais que comprendre l’état dans lequel se trouvait cette petite créature qui venait de perdre ses parents.

- Vous avez eu envie d'adopter ?

- Hum ? Oh, on ne pouvait pas la laisser comme ça voyons, elle est tout juste sevrée...Elle serait morte en quelques jours, et elle est peut-être la dernière de son espèce ? Je ne pouvais décemment pas la laisser comme ça.

Je gardait les yeux baissés sur me chaussures, caressant distraitement la fourrure douce de la tigresse. J’étais contrariée par cet homme, qui ne semblait pas vraiment comprendre ce que c’était que de perdre un être cher. Je murmurais, presque pour moi-même :

- Vous ne pouvez pas comprendre...vous n’avez sûrement pas d’enfants...

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Lun 13 Fév - 20:47
Jason resta un long moment silencieux, à songer à la phrase de Sheraa. Il avait eu envie, sur le coup, de rétorquer de bien mauvaise manière. Sous le coup de la colère, il aurait probablement été méchant, voir blessant, et ça n'aurait absolument pas servi la cohésion du groupe, cohésion déjà bien entamée. Alors, il se contenta de hausser les épaules et d'attendre, le temps que son esprit trouve de quoi parler sans avoir l'air de s'énerver ou de vouloir taper là où ça fait mal. Mais il n'était pas d'un naturel mesquin. Il marcha donc dans un silence résigné, acceptant que la jeune femme puisse être irritée. Il se contenta de lui accorder de brefs regards, et aussi au petit animal niché dans ses bras.

Il ressemblait à un tigre, mais de la taille d'un chat. Ce devait être un tout petit, s'il se souvenait de la taille des parents. Pauvre petite créature. Elle semblait si fragile, et si triste. Elle lui rappelait sa propre situation, lorsqu'il avait été recueilli après ses années d'errance et d'orphelin dans les rues dévastées de Montréal. A ceci près que le tigre, lui, n'était probablement pas conscient de la dure réalité des événements du monde. Il ne se préoccupait que de sa propre détresse. Et finalement, Jason trouva comment aborder sa réponse. Il s'efforça de parler d'un ton calme, sans animosité. Enfin, pas trop.

 « Ne me jugez pas sans me connaître, Sheraa. Je n'ai pas d'enfants, mais je sais ce que c'est de perdre des gens. Des amis. Sa propre sœur. »

Sa sœur... disparue à jamais, peut-être. Il ne la retrouverait peut-être pas, ou peut-être que si, un jour. Il ne cherchait plus depuis longtemps. Inutile de poursuivre des fantômes, ça risquait de ne le mener dans une impasse dont il ne ressortirait peut-être jamais. Et cela, il se le refusait. Il avait vu trop d'enfants et d'individus dévastés par le chagrin, le remords et la haine de soi qui suivait inévitablement. Beaucoup de gens ne parvenaient pas à s'en sortir ; il refusait d'en faire partie.

 « Cela dit, je ne vous en veux pas d'avoir dit ça. J'ai pas l'air spécialement vieux, il est vrai, ni même d'être quelqu'un qui a traversé de dures épreuves. Et pourtant, c'est le cas. Les apparences sont trompeuses. Prenez, par exemple, votre cas. Il paraît que vous êtes une vraie plaie, une bourreau de travail. Et là, je découvre votre côté sensible quand vous recueillez cette petite bête. A la fois pour son intérêt scientifique, mais aussi parce qu'elle vous empoigne le cœur. Les apparences sont trompeuses, doc'. »

Le groupe arriva finalement à la navette, et les valides aidèrent les quelques blessés à monter. En une poignée de minutes, l'expédition démontra son efficacité pour réussir à se tirer d'affaire dans une situation délicate, et tout rentra dans l'ordre des choses. Jason surveilla les alentours, le temps que tout se fasse, puis il monta le dernier. Il appuya sur le bouton de fermeture de la rampe, puis il alla s'asseoir à la dernière place de libre. A côté de Sheraa, d'ailleurs. L'atmosphère se détendait, car les gens discutaient un peu entre eux. Retirant son casque avec un grognement, Jason posa son arme et et se passa une main gantée dans les cheveux, sans se soucier des radiations. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ça, ça n'allait pas le tuer.

Il jeta un regard vers Sheraa et le tigre. La pénombre empêchait les gens de voir correctement son visage.

 « Alors, un nom pour cet animal ? Ce serait domamge de l'adopter et ne pas lui en trouver un joli. »
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Dim 19 Fév - 18:48

Je n’avais pas compris. Toute à ma douleur d’avoir perdu Akinli et ma fille, mes frères et tout ceux que j’aimais, et de ne pas connaître ma petite-fille, je n’avais pas saisi que je n’étais probablement pas la seule à avoir perdu quelque chose dans cette guerre permanente qu’est la vie. D’un autre côté, il n’était pas censé avoir entendu ma remarque acide. Oui, je sais, ça n’est pas une raison valable. Je rougis, me sentant honteuse de ne pas avoir pris en considération le passé de Grace. Peut-être avait-il l’air jeune, mais techniquement, moi aussi, même si j’avais vécu presque cinq fois mon âge apparent. Je reconsidérais d’une toute autre manière mon regard sur le milicien. Finalement, peut-être n’était-il pas si « babouin braillard » que je ne l’avais cru au premier abord.

Toute cette histoire me donnait envie d’en savoir plus sur ce milicien, donc je ne connaissait même pas le prénom. Il faudrait que je songe à lui demander, d’ailleurs. Je remarquais la tension dans les muscles de l’homme, malgré la combinaison épaisse. Je ne sais pas quelle histoire cet homme avait à raconter, mais elle semblait douloureuse. Nous marchâmes silencieusement vers la navette, chacun n’osant pas trop briser le silence de l’autre. Je ruminais les paroles de Grace. Alors je passais pour un bourreau de travail, une femme sans cœur...C’était probablement vrai. Depuis la mort d’Akinli et de mes Frères, je n’avais plus goût à rien, et mon seul réel intérêt était pour la science. Même cet acte inconsidéré d’adopter une tigresse radioactive et probablement dangereuse était guidé par mon seul intérêt pour cette nouvelle espèce. Même si Grace semblait croire le contraire. Et je n’allais pas l’en détromper, il aurait fallu que je me justifie, et que j’explique...tout.

Nous arrivâmes bientôt à la navette, et nous chargeâmes rapidement le matériel et les hommes dans la soute. Restant à l’arrière pour superviser le chargement de la vipère et des quelques minerais que nous avions récupérés en passant, je fus la dernière à monter, avant Grace. Je m’assis au fond, prenant soin d’installer confortablement la tigresse sur mes genoux, et sombrait dans le mutisme. Autour de moi, l’ambiance se détendait peu à peu, car l’équipe était ravie de rentrer au centre après toutes ces péripéties. Grace vint s’asseoir à la dernière place libre, à côté de moi, et retira son casque. Je lui lançais un regard ulcéré à travers le mien. Nous n’avions pas encore été décontaminés, et les radiations étaient fortes sur le terrain, il était inconscient...et si ses gants portaient une contamination microbienne ? Il contaminerais tout le complexe !


- Alors, un nom pour cet animal ? Ce serait dommage de l'adopter et ne pas lui en trouver un joli.

J’étais prise au dépourvu par la question, et ne m’attendais pas à ça. J’éclatais de rire, faisant gronder un peu la bête sur mes genoux, et sourit en regardant la tigresse. Quel nom allait-je pouvoir lui donner...Avec son pelage atypique, elle ne manquerais pas d’attirer les regards, et peut-être même les convoitises. Je me souvint brièvement d’un vieux film, en noir et blanc, que j’avais vu il y a longtemps avec mon père. Le film était noir et plutôt impressionnant, mais je me souvenais d’une femme aux cheveux blonds, qui m’avait parue si belle...Son nom était Goldie. Je voulais que ma nouvelle amie porte ce nom si joli, et qui pour moi représentait la grâce et la beauté.

- Je vais l’appeler...Goldie. Qu’en pensez-vous ?

Je laissais quelques secondes pour qu’il y réfléchisse, et enchaînais :

- Au fait, je sais que vous êtes milicien, que vous manipulez le feu, en quelques autres choses, mais je ne connais même pas votre prénom...

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Lun 20 Fév - 20:12
 « Goldie est un joli nom. Adapté à son pelage. »

Il fit jouer sa main droite, la gauche tenant le casque. Il sentait une certaine raideur à l'intérieur, mais rien de bien inquiétant. C'était sûrement la répercussion des quelques chocs et de la fatigue qui venaient de nouveau l'emmerder. Depuis quelques jours, il avait des soucis comme ça en fin de journée, mais comme ce n'était pas spécialement grave et que le médecin du complexe lui avait simplement dit de faire gaffe... il s'en fichait un peu. Il ne pouvait pas y faire grand chose de toute façon.

Il remit son casque, devinant au ton de la voix de Sheraa qu'elle était sur le point de lui demander de le faire. D'un côté, il était vrai que c'était inconscient. De l'autre, il n'avait jamais eu de problème jusque-là en faisant ça. Néanmoins... elle avait raison. La prudence était de rigueur dans des terres aussi hostiles et sauvages. Et puis, même s'il ne l'avouerait pas ouvertement, il aimait bien le son du rire que la jeune femme avait eu. Il préférait éviter de connaître le ton plus courroucé et plus autoritaire.

Il voyait bien où elle voulait en venir : si les gens se mettaient à parler etc, eux aussi pouvaient le faire. Et par conséquent, pourquoi ne pas parler de lui, le milicien mal jugé à la base et qui s'avérait finalement sympathique ? Du moins, c'est ainsi qu'il s'imaginait les choses. Il voyait mal la scientifique partir d'une autre idée – après, il ne la connaissait pas non plus. Sauf de réputation, laquelle semblait effectivement assez usurpée et largement mésestimée. Il répondit d'un ton relativement cordial, à défaut d'être enjoué. Faire la conversation avec cette femme serait sûrement une expérience intéressante.

 « Jason. Il est vrai qu'on a tendance à ne pas toujours connaître personnellement nos propres collègues et camarades, dans le complexe, ce qui est un peu dommage. On vit dans un endroit assez confiné, il est préférable qu'il y ait une bonne entente entre tous pour que tout se passe pour le mieux. »

Il se redressa sur son siège, en essayant de faire en sorte que le harnais ne lui vrille pas trop les épaules et le torse. Vivement que la navette se pose au complexe, d'ici une heure de trajet. Il en avait déjà plus qu'assez de tout ça.

 « Foutu siège. Je déteste être dans ces appareils. Quand ce n'est pas moi qui conduit, pareil, je me sens moins à l'aise, mais dans un engin volant... c'est encore pire. Non pas que j'ai peur qu'on se crashe, mais merde, c'est jamais rassurant d'avoir sa vie entre les mains d'un pilote anonyme. »

Une voix dans sa radio retentit à travers son casque.

 « Un plaisir de te conduire à bon port, Grace. »

Avec un léger rire, Jason répondit via une communication personnelle, puis se tourna de nouveau vers Sheraa. Dans la pénombre, il voyait le reflet de son casque dans la visière de la combinaison de la scientifique.

 « Vous avez envie de savoir autre chose sur moi, doc'? Hésitez pas, je suis assez sympathique comme gars. »
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Jeu 23 Fév - 13:48

Grace avait du voir mon regard désapprobateur, car il remis son casque rapidement. Mais j’avais eu le temps de remarquer qu’il était plutôt charmant, et qu’il semblait avoir à peu près le même âge que moi, malgré sa voix rendue plus grave et métallique par le casque. En parlant de ça, il avait aussi une belle voix. Je soupirais, agacée de remarquer ces détails insignifiants, et me reconcentrais sur Goldie et la conversation. Alors il s’appelle Jason...Joli nom. En tout cas, il avait l’air plutôt intelligent, pour un babouin. Il comprenait l’importance de la cohésion de groupe dans un milieu hostile comme l’Australie, et plus particulièrement entre des gens armés au quotidien.

L’appareil décolla, et je grognais à l’unisson avec Goldie en sentant les secousses. Jason non plus n’avais pas l’air d’apprécier le vol en navette, et je ris au commentaire de notre pilote. A part mes scientifiques et le lieutenant, je ne connaissait personne de l’expédition. Je ne me baladais pas souvent hors de mon bureau ou de mes labos, aussi je ne connaissait pas grand-monde en dehors.


- Vous avez envie de savoir autre chose sur moi, doc'? Hésitez pas, je suis assez sympathique comme gars.

Je souris, charmée par son côté désinvolte. J’hésitais. J’avais cru comprendre que le côté « familial » de son histoire était à éviter, mais je ne savais pas trop quoi poser d’autre comme questions. Et puis, si je lui posais des questions personnelles, il n’hésiterais pas à en faire de même, et je n’avais aucune envie de me confier. Du moins, pas à propos de mon passé. Les souvenirs d’Akinli étaient trop douloureux dans ma mémoire pour en parler, sans aborder l’existence de ma fille, la légitimité de Jannaly et la mienne dans l’accession au trône lunaire...A la limite, j’aurais pu lui parler de mon passé récent, celui d’après ma mort officielle…

- J’ai cru comprendre que votre passé n’était pas réjouissant, alors je garderais ce sujet pour une autre fois. Enfin, si vous le souhaitez. Parlons plutôt de votre côté milicien ! Pourquoi être entré dans la milice ? Et surtout, pourquoi avoir rejoint le projet Underworld ? En général, seuls les miliciens d’exception et les meilleurs lieutenants viennent ou sont mutés en Australie. Êtes-vous un milicien d’exception ?

J’étais curieuse de savoir pourquoi il avait choisi de venir en Australie, et s’il n’avait pas choisi, pourquoi ses supérieurs avaient décidé de l’y envoyer.

- Personnellement, j’ai décidé moi-même de venir ici. Au moins, personne ici ne cherche à me placer quelque part où je ne veux pas aller, et le premier qui m’emmerde je le sort du complexe sans combinaison.

Je partis d’un rire franc, ravie de l’effet que ma déclaration venait de faire sur le groupe. Les scientifiques, habitués à recevoir ce genre de menaces, n’avaient pas réagit, mais les miliciens était soudainement plus tendus, et certains c’étaient redressés imperceptiblement.

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Sheraa Hornwolf
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Ven 24 Fév - 21:12
Il haussa les sourcils, un peu surpris par le début de paroles de la jeune scientifique. Elle ne devait pas être beaucoup plus âgée que lui, et pourtant, elle parlait avec l'assurance de quelqu'un ayant trois fois cet âge-là, et l'expérience qui va avec. Peu importait. Il était quand même content de pouvoir briser un peu la glace et discuter avec. Et puis, elle restait plus ou moins la grande chef de cette vaste entreprise, il était donc normal qu'elle se demande pourquoi il était parmi eux. Il prit le temps d'y réfléchir un peu, de se remémorer pourquoi il avait décidé d'utiliser ses capacités pour une cause plutôt que de les garder pour lui-même.

 « La Milice représentait pour moi deux choses : premièrement, une manière de canaliser et contrôler mes capacités. Elles sont mal vues par certains, car sans entrer dans les détails, disons... qu'elles représentent plus un danger qu'autre chose dans l'imaginaire collectif. La seconde raison, c'était parce que le côté discipline me plaisait, et que je n'avais pas envie de rester les bras croisés à côté, sans rien faire, en me perdant dans un métier ennuyant. Métier qui, cela dit en passant, ne m'aurait jamais convenu dans toute ma vie. »

A voir pour le côté Australie, maintenant. Il s'était engagé volontairement.

 « Quant au projet Underworld... je pense que c'est parce que ça me permettait de faire partie de quelque chose de différent. La Milice c'est bien, mais nos tâches restent limitées, monotones. On est envoyés quelque part, on aide les forces de l'ordre locales, et au final... c’est juste chiant. Ça ne me plaît pas spécialement. Alors en venant ici, j'avais l'intention de trouver quelque chose de différent. Pour le coup, c'est bel et bien le cas, quand je vois ne serait-ce que cette expédition. Il y a pas mal de bons côtés aussi en dehors. Le fait qu'on est peu nombreux aide à tisser des liens entre les gens, la preuve en est avec nous qui discutons. »

Il se tortilla un peu sur son siège. Le harnais lui vrillait les épaules et le dos. Il voulut se passer une main derrière pour se gratter le dos, mais il se retint. Il était en armure, il n'atteindrait jamais une prise suffisante sur son dos pour ça. Rha, encore une fois, vivement qu'on arrive !

 « Bon et vous, Sheraa ? Qu'est-ce qui vous a poussée à venir au sein de ce projet ? Serait-ce le goût de l'aventure, comme moi ? Ou peut-être n'avez-vous pas eu le choix. Il me semble que c'est le cas d'un ou deux scientifiques parmi nous, ainsi que de quelques miliciens. »
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